Après plus de deux ans de fonctionnement, la certification AMF a atteint une certaine vitesse de croisière et l'AMF devrait dès lors ouvrir des nouveaux chantiers. Rappelons en effet que l'examen certifié tel qu'il existe aujourd'hui constitue le début d'un dispositif et non son aboutissement. Voici plusieurs chantiers susceptibles d'être mis sur la table à partir de l'année prochaine :

  • La péremption de l'examen.

Ce sujet a été évoqué par Natalie Lemaire, qui dirige la Direction des relations avec les épargnants dont dépend la certification AMF, lors de la première table ronde avec les prestataires proposant un examen certifié. Il fait sens qu'un examen dont le coeur est la régulation ne puisse disposer d'une durée de vie sans limite alors que la réglementation, elle, change vite. Quelle durée de vie attribuer à l'examen ? Quelle maintenance prévoir ?

  • L'élargissement du dispositif.

Certaines fonctions échappent aujourd'hui au périmètre de la certification AMF. Il en est ainsi des CIF dont l'obligation de formation annuelle qui leur échoit n'est pas incompatible avec le passage de l'examen certifié. Les formations annuelles qu'ils suivent leur permettraient ensuite de remplir l'éventuelle obligation de maintenance évoquée ci-dessus. Je pense que les CIF gagneraient à passer cet examen de façon officielle et ce ne serait pas remettre en cause le rôle des associations professionnelles qui pourraient d'ailleurs disposer de leur propre examen. Passer d'une obligation de moyen (formation) à une obligation de résultat (examen) est dans le sens de l'histoire.
Un autre public qui échappe aujourd'hui à cet examen est le personnel des autorités de surveillance à savoir l'AMF et l'ACP. N'est-il pas étonnant qu'une nouvelle recrue de l'AMF ne soit pas obligé de passer cet examen ?
Enfin, je serai pour ma part favorable à ce que les dirigeants des PSI soient également intégrés dans le périmètre. Pourquoi ne le sont-ils pas aujourd'hui ?

  • La création d'un niveau 2

On en parle depuis le début. La mise en place d'un niveau 2 de l'examen, plus technique et disposant de spécialités en fonction des métiers, rendrait le dispositif encore plus proche de ce qui existe en Grande Bretagne. Reste à définir qui serait concerné. Si l'on pense naturellement aux fonctions de négociation, gestion des risques et de gestion d'actifs, le rattachement de la certification à la Direction des relations avec les épargnants nous force à penser que les commerciaux sont ceux qui risquent d'être visés en premier par un éventuel niveau 2.

Reste que les moyens de l'AMF sont limités et attaquer trois chantiers de front me semble peu probable. Lequel sera choisi ? Existe-t-il d'autres chantiers qui pourraient être ouverts autour de la certification ? Et pourquoi pas élever la logique au niveau européen ? Qu'en pensez-vous ?