Il semblerait qu'il y ait décrue dans le nombre d'examens certifiés par l'AMF.

Une activité qui n'est pas rentable ...

En effet, avec moins de 12 000 lauréats en deux ans d'activité, la certification AMF peut faire vivre plusieurs organismes mais certainement pas les 13 organismes qui disposaient jusque là d'un examen certifié. Création des questions, veille réglementaire, système informatique, sessions d'examen régulières, back office + frais de promotion commerciale, l'addition est lourde pour les organismes ! Vu les conditions de compétition avec des packs examen et préparation à moins de 200 €, nous estimons chez Bärchen qu'il faut avoir entre 800 et 1 000 clients par an pour être rentable. 13 organismes, 800 minimum pour être rentables mais moins de 6 000 lauréats par an depuis le lancement de l'examen... l'équation est vite faite, l'activité tourne à perte.

... sauf pour certains

La déconvenue de certains organismes est d'autant plus critique que le marché est en fait aux mains de 4 organismes : le CFPB qui bénéficie d'une position privilégiée, Bärchen, First Finance et CNAM comptabilisent plus de 90% des lauréats. La période de reconduction des certifications au bout de deux ans est en cours. Bärchen a été reconduit depuis le mois de mars et les autres organismes ont suivi ou vont suivre sauf certains qui vont arrêter là les frais, un organisme de premier plan a déjà notifié l'AMF qu'il arrêtait et un autre devrait suivre prochainement.



Pourquoi une telle déconvenue ?

La principale raison est que le gâteau est moins gros qu'annoncé au départ. En effet la plupart des banques de détail ont monté leur propre examen de validation interne, uniquement valable chez eux mais plus facile à réussir. Sans les réseaux de la SG BNP Paribas, du Crédit Mutuel ou de BPCE ce n'est plus exactement la même chose. Ce système d'examens à deux vitesses sera-t-il tenable longtemps ? Une seconde raison est que la partie "business plan" demandé dans les dossiers de certification n'est pas selon nous suffisamment prise en compte. Obtenir la certification AMF à de nouveaux organismes alors que le marché devient mature et va commencer à baisser en volume, devrait impliquer de sérieux gages de ressources et un business plan prenant en compte la réalité du marché. Ce n'est apparemment pas toujours le cas.

En résumé les conditions de marché ne sont pas celles qui avaient été anticipées et si les premiers organismes certifiés tirent leur épingle du jeu car ils se sont accaparés un nombre fini de clients au prix d'une compétition très dure, les derniers venus n'arrivent pas à rentabiliser l'investissement conséquent que nécessite la certification et sa maintenance. En conséquence des acteurs vont abandonner ce jeu qui a plus coûté à l'industrie de la formation dans son ensemble qu'il ne lui a rapporté jusqu'à présent. A la certification AMF, tout le monde ne gagne pas.