Les Prestataires de Services d'Investissement se sont mis en ordre, contraints et forcés par la réglementation. Certains ont opté pour l'examen de validation interne, d'autres pour l'examen certifié. Reste que demain les établissement qui feront passer le plus grand nombre d'examens ne sont pas financiers mais d'enseignement supérieur.
Au cours de cette année nous avons en effet vécu le réveil progressif des écoles et universités qui réalisent les unes après les autres l'intérêt de l'examen pour valoriser leur diplôme et le fait que demain il constituera un standard incontournable. Ecoles de commerces et IAE en tête, la vague devrait se répandre dans les formations universitaires et sur des cursus courts. Entre la prise de conscience des enjeux et la mise en œuvre de moyens pour y répondre, il y a cependant un écart parfois très large.
Signe qui ne trompe pas : la 11e certification est revenue à une école de management IPAC et la 12e (et dernière en date) à l'Education nationale pour ses programmes de BTS Banque (certification reçue fin juin).
L'Ipac est une école peu connue au plan nationale, basée à Annecy. Elle a damé le pion à des écoles et universités beaucoup plus prestigieuses qui se faisaient fort l'année dernière de disposer rapidement de leur propre examen et qui depuis ont jeté l'éponge ou sont toujours en train de plancher sur un exercice qui n'est pas si facile que cela. Il n'est d'ailleurs pas sûr que ce soit un très bon calcul pour une école ou une université de créer son propre examen car les prix sont très faibles pour les étudiants.
Le CFPB propose une solution à 94 € "inspirée" de notre pack étudiant à 98 € (d'une durée double et intégrant un livre d'une valeur de 39 € soit-dit en passant...). Si des salariés du CFPB lisent ce blog je tiens à les informer que nous proposons désormais aussi une version sans le livre à 68 € TTC (les étudiants peuvent en effet le trouver en bibliothèque ou l'acheter en seconde main), au cas où souhaiteraient ajuster leur offre... Bref, les prix sont tirés et une école ou université ne peut espérer dégager de revenus suffisants pour rentabiliser l'investissement de création et de maintenance de l'examen si elle se limite à ses propres étudiants.
L'engouement actuel des écoles et universités ne devrait cependant pas faiblir et nous nous attendons à ce que tous les établissements formant à la banque-finance proposent un accompagnement dans les années à venir. La différence se fera entre les établissements qui ne feront que du shopping de "pack étudiants" dont le coût se répercutera sur les étudiants et ceux qui aménageront leurs cours pour proposer un accompagnement adapté. Cependant rares sont ceux qui disposent aujourd'hui de professeurs compétents en réglementation et de cours dédiés à ce sujet. Pourtant c'est ce sujet qui prédomine dans l'examen et il leur faudra donc rapidement acquérir ces compétences dans ce domaine s'ils veulent vraiment aider leurs étudiants et ne pas se cantonner à un rôle de centrale d'achat.
La démarche de l'Education nationale risque d'accélérer encore le mouvement. L'AMF a sensibilisé les BTS Banque en début d'année sur ces enjeux et cela a porté ses fruits. Nous n'avons aucune information à ce jour sur la façon dans l'Education nationale va utiliser cet examen. Nous supposons que les programmes vont rapidement intégrer les nouveaux thèmes et que le passage sera compris dans les examens de fin d'étude. C'est un défi pour les BTS car le niveau de l'examen est ambitieux et touche à des sujets qui ne sont actuellement pas explorés dans des programmes pourtant déjà bien denses. Nous avons nous-mêmes au sein de Bärchen des contacts avec des étudiants de ce niveau et constatons par ailleurs que l'accompagnement est crucial pour eux contrairement à des étudiants de M2 qui sont plus autonomes dans leur apprentissage et peuvent se suffire d'outils d'autoformation. Soyons attentifs aux aménagements que l'examen va impliquer. Comment vont-ils faire pour former les enseignants à ce nouvel exercice ? souhaitons leur bon courage.
Quoiqu'il arrive, alors que la situation des établissements financiers se stabilise, les écoles et universités sont encore très peu nombreuses à avoir mis en place des dispositifs adéquats et la proportion d'étudiants qui passent l'examen au sein de Bärchen reste largement minoritaire alors qu'à terme, elle devrait converger vers les 100%.